
Philippe Weisbekcer - hommage à Giacometti - irinamaing dal chaun
“2020, année Covid ; 2021, deuxième confinement, celui qui m’a paru le plus long, même si, hors le port du masque obligatoire, il n’a rien changé à mon quotidien : aller et retour de la maison à l’atelier en passant par les rues du Cardinal-Lemoine et Mouffetard.
C’est seulement au long de ces trajets que le changement a été le plus drastique. Du jour au lendemain, ces rues ordinairement si animées sont devenues mortifères. À part le valeureux Franprix ouvert pour les besoins de produits de première nécessité, toutes les boutiques étaient à rideau tiré et les bistrots abandonnés.
En dehors des quelques individus en robe de chambre, les yeux mi-clos, sortis pour faire pisser Médor, rien ne pouvait me soustraire au spectacle ennuyeux de mes pieds foulant le macadam. Quand soudain, un soir, mon regard s’est posé sur une tache au pied d’un réverbère, puis un peu plus loin sur une deuxième et une troisième. Elles étaient tellement imprégnées du vocabulaire pictural de Giacometti que c’était à s’y méprendre. Et pourtant, il ne s’agissait là que de vulgaires mictions canines.
Je me demande encore aujourd’hui si, un beau matin, allant chercher son pain chez le boulanger de la rue Hippolyte-Maindron, Giacometti ne les aurait pas lui aussi remarquées et s’en serait inspiré ? Ou serait-ce le tribut de la gente canine à l’immortalité de son œuvre ? À moins que ce ne soit tout simplement le fruit de ma fertile imagination ?” — P.W.
2026
Softcover
15 x 10 cm
20 pages + 1 loose sheet with text in french
Offset
Stapled
Limited editions of 300 copies, signed by the artist on the loose sheet
© Yvon Lambert Editions
Original: $7.58
-65%$7.58
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Philippe Weisbekcer - hommage à Giacometti - irinamaing dal chaun
“2020, année Covid ; 2021, deuxième confinement, celui qui m’a paru le plus long, même si, hors le port du masque obligatoire, il n’a rien changé à mon quotidien : aller et retour de la maison à l’atelier en passant par les rues du Cardinal-Lemoine et Mouffetard.
C’est seulement au long de ces trajets que le changement a été le plus drastique. Du jour au lendemain, ces rues ordinairement si animées sont devenues mortifères. À part le valeureux Franprix ouvert pour les besoins de produits de première nécessité, toutes les boutiques étaient à rideau tiré et les bistrots abandonnés.
En dehors des quelques individus en robe de chambre, les yeux mi-clos, sortis pour faire pisser Médor, rien ne pouvait me soustraire au spectacle ennuyeux de mes pieds foulant le macadam. Quand soudain, un soir, mon regard s’est posé sur une tache au pied d’un réverbère, puis un peu plus loin sur une deuxième et une troisième. Elles étaient tellement imprégnées du vocabulaire pictural de Giacometti que c’était à s’y méprendre. Et pourtant, il ne s’agissait là que de vulgaires mictions canines.
Je me demande encore aujourd’hui si, un beau matin, allant chercher son pain chez le boulanger de la rue Hippolyte-Maindron, Giacometti ne les aurait pas lui aussi remarquées et s’en serait inspiré ? Ou serait-ce le tribut de la gente canine à l’immortalité de son œuvre ? À moins que ce ne soit tout simplement le fruit de ma fertile imagination ?” — P.W.
2026
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“2020, année Covid ; 2021, deuxième confinement, celui qui m’a paru le plus long, même si, hors le port du masque obligatoire, il n’a rien changé à mon quotidien : aller et retour de la maison à l’atelier en passant par les rues du Cardinal-Lemoine et Mouffetard.
C’est seulement au long de ces trajets que le changement a été le plus drastique. Du jour au lendemain, ces rues ordinairement si animées sont devenues mortifères. À part le valeureux Franprix ouvert pour les besoins de produits de première nécessité, toutes les boutiques étaient à rideau tiré et les bistrots abandonnés.
En dehors des quelques individus en robe de chambre, les yeux mi-clos, sortis pour faire pisser Médor, rien ne pouvait me soustraire au spectacle ennuyeux de mes pieds foulant le macadam. Quand soudain, un soir, mon regard s’est posé sur une tache au pied d’un réverbère, puis un peu plus loin sur une deuxième et une troisième. Elles étaient tellement imprégnées du vocabulaire pictural de Giacometti que c’était à s’y méprendre. Et pourtant, il ne s’agissait là que de vulgaires mictions canines.
Je me demande encore aujourd’hui si, un beau matin, allant chercher son pain chez le boulanger de la rue Hippolyte-Maindron, Giacometti ne les aurait pas lui aussi remarquées et s’en serait inspiré ? Ou serait-ce le tribut de la gente canine à l’immortalité de son œuvre ? À moins que ce ne soit tout simplement le fruit de ma fertile imagination ?” — P.W.
2026
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